Paul Kagame affirme que l’histoire du génocide est une vérité immuable et qu’il ne se reproduira jamais
Kagame, a réaffirmé avec force que l’histoire du Rwanda constitue une vérité indéniable qui ne saurait être altérée, tout en insistant sur le fait que les tragédies du passé ne se reproduiront jamais. Cette déclaration a été faite ce 7 avril 2026, lors du lancement officiel de la 32ᵉ commémoration du Génocide contre les Tutsi de 1994, en présence de la Première Dame Jeannette Kagame.

La cérémonie s’est tenue au Mémorial du génocide de Kigali, situé à Gisozi, un lieu hautement symbolique où reposent plus de 259 000 victimes. Comme le veut la tradition, le Président et son épouse ont déposé des gerbes de fleurs sur les fosses communes avant d’observer un moment de recueillement en hommage aux victimes innocentes. L’événement a également été marqué par l’allumage de la flamme du souvenir, appelée « flamme de l’espoir », qui brûlera pendant 100 jours, en écho à la durée du génocide.
Dans son discours, le Président Kagame a insisté sur la résilience du peuple rwandais et la transformation profonde qu’a connue le pays depuis 1994. Il a déclaré que le Rwanda d’aujourd’hui ne peut plus être anéanti comme par le passé. Selon lui, « un pays ne peut pas mourir deux fois », soulignant ainsi la détermination collective des Rwandais à défendre leur nation et à empêcher toute répétition de telles atrocités. Ce message fort s’adresse aussi bien aux générations actuelles qu’aux futures, en rappelant que la protection de la vie humaine est une responsabilité partagée.
Le Chef de l’État a également dénoncé les tentatives persistantes de négation et de minimisation du génocide. Il a affirmé que les faits historiques sont établis et incontestables, et que toute tentative de les déformer constitue un effort vain face à la vérité. Pour lui, ceux qui cherchent à manipuler l’histoire se heurtent à une réalité solide, fondée sur des témoignages, des preuves et la mémoire collective du peuple rwandais.

Par ailleurs, Paul Kagame a mis en avant l’importance fondamentale du devoir de mémoire. Il a expliqué que la commémoration annuelle joue un rôle crucial dans la lutte contre les divisions et dans la consolidation de l’unité nationale. Selon lui, se souvenir permet non seulement d’honorer les victimes, mais aussi de tirer des leçons du passé afin de construire une société fondée sur la cohésion, la solidarité et le respect mutuel. Il a rendu un hommage particulier aux survivants, qu’il considère comme une source d’inspiration et de force morale pour toute la nation.
Le Président a tenu à rassurer ces survivants en affirmant qu’ils ne sont pas seuls, et que la nation entière reste engagée à leurs côtés. Il a également souligné que chaque citoyen rwandais a un rôle à jouer dans la reconstruction du pays, insistant sur la responsabilité collective dans la préservation des acquis et la promotion de la paix.
Abordant la question de la sécurité, il a salué le professionnalisme et les valeurs des forces armées rwandaises, qu’il considère comme le fruit des leçons tirées de l’histoire douloureuse du pays. Il a noté que ces forces continuent de se distinguer, tant au niveau national qu’international, notamment dans les missions de maintien de la paix. Il a également affirmé qu’aucune critique ou sanction extérieure ne saurait entacher leur réputation, compte tenu de leur intégrité et de leur efficacité.
De son côté, le Ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean-Damascène Bizimana, a rappelé que le génocide contre les Tutsi était planifié et exécuté de manière systématique, tout en soulignant l’inaction de la communauté internationale malgré les signes avant-coureurs. Il a également exprimé des préoccupations concernant des situations similaires observées dans l’est de la République démocratique du Congo, où certains groupes armés continuent de propager l’insécurité.
Le 7 avril marque ainsi une journée de mémoire à l’échelle mondiale, dédiée au souvenir des plus d’un million de victimes tuées en seulement cent jours. Des données issues d’un recensement réalisé entre 2000 et 2002 indiquent que 1 074 017 Tutsi ont été massacrés, soit une moyenne de plus de 10 000 personnes par jour.

La 32ᵉ commémoration se poursuivra pendant 100 jours, période durant laquelle les Rwandais, au pays et dans la diaspora, continueront de se recueillir, de témoigner et de réaffirmer leur engagement : celui de ne jamais oublier et de veiller à ce que le génocide ne se reproduise plus jamais.
By:Florence Uwamaliya
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